Les Prix Nathan Katz 2019

5c5b15b2c69749b9f322deb1Pour marquer ses quinze ans d’existence, le Prix Nathan Katz a le plaisir de distinguer deux auteurs aux destins parallèles : l’un n’a presque écrit qu’en allemand, l’autre, une femme, a écrit exclusivement en français.

Le Prix Nathan Katz du patrimoine 2019 distingue l’œuvre de RENÉ SCHICKELE (1883-1940) pour un livre d’une brûlante actualité, Wir wollen nicht sterben (Nous ne voulons pas mourir), traduit de l’allemand par CHARLES FICHTER.

« Avez-vous lu, écrivait Rainer Maria Rilke à Merline, la prose de Schickele sur son voyage en Alsace et à Paris (chez Barbusse) ? C’est très beau. » Et le texte dont Rilke faisait ainsi l’éloge faisait partie de Nous ne voulons pas mourir, de René Schickele.

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Romancier, essayiste, poète, Schickele est l’un des grands écrivains germanophones du début du XXe s. S’inspirant des Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy, il a été l’une des figures pionnière de « l’écrivain-journaliste » à travers des essais aussi frappants d’intelligence et de lucidité que brûlants de ferveur et d’actualité.

Rédigé entre 1918 et 1921, Nous ne voulons pas mourir analyse les impasses du pacifisme, du socialisme et de l’idée européenne au lendemain de la Grande Guerre et du Traité de Versailles signé le 28 juin 1919. Un siècle après, il garde face à la montée des nationalismes et des populismes, une terrible actualité.

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Le Prix spécial du Jury Nathan Katz  2019 distingue l’œuvre de MARIE JAËLL (1846-1925) dont les nombreux écrits inédits conservés à Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg ont été enfin étudiés et collectés par trois chercheuses, LISA ERBÈS, CATHERINE GUICHARD et CHRISTIANE DE TURCKHEIM, pour constituer la somme autobiographique d’une personnalité à tous égards exceptionnelle : Je suis un mauvais garçon. Journal d’une exploratrice des rythmes et des sons.

Car c’est un destin de femme exemplaire que celui-ci, à l’aube de la modernité : la longue vie de Marie Jaëll, que son maître et ami Franz Liszt appelait « l’Admirable », est celle d’une pianiste prodige, compositrice et pédagogue mais aussi d’une merveilleuse diariste et d’une passionnante théoricienne de l’art.

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Sa volonté farouche d’indépendance et son exigence de créatrice ont fait d’elle un modèle pour la poétesse et écrivaine Catherine Pozzi (1882-1934) et pour bien d’autres.

Son œuvre musicale reste heureusement très présente et a fait l’objet récemment de nombreux enregistrements de qualité et de nombreuses diffusions sur les grandes radios musicales.

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