2019 : René Schickele (1883-1940)

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Pour sa quinzième année, le Jury du Prix Nathan Katz du patrimoine a choisi de distinguer l’œuvre essentielle d’écrivain-journaliste de RENÉ SCHICKELE, et demandé à Charles Fichter de donner une traduction de l’un de ses plus grands textes, Wir wollen nicht sterben, toujours inédit en français. Cette traduction sera publiée aux Éditions Arfuyen, partenaires du Prix, en avril 2019

René SCHICKELE, Nous ne voulons pas mourir (Wir wollen nicht sterben). Traduit de l’allemand et présenté par Charles Fichter. Collection Les Vies imaginaires n° 3. 168 pages. ISBN 978-2-845-90284-8

Le Prix Nathan Katz du patrimoine a déjà distingué en 2009 l’œuvre de René Schickele. Mais cette œuvre tellement méconnue des lecteurs francophones présente des facettes très différentes et il importe de ne pas le réduire à l’image de l’ermite-poète de Badenweiler tel qu’il apparaît dans ses Paysages du ciel (Himmlische Landschaft).

Dix ans après, en ce centième anniversaire du Traité de Versailles, c’est l’écrivain-journaliste qui est mis à honneur. Car Schickele est aussi une figure pionnière d’ece genre littéraire très neuf au début du XXe siècle auquel il a su, par sa fougue et sa lucidité, donner ses hautes lettres de noblesse.  : historien et chantre de l’actualité, il possède la même force de vision et d’écriture que Charles Péguy qu’il a lu et suivi à Paris et qu’il admirait tant.

Schickele a une large expérience de la presse. Dès 1901, il a fondé à Strasbourg la revue Der Stürmer, qui prônait une vocation médiatrice de l’Alsace entre la France et l’Allemagne. En 1904, âgé de seulement 21 ans, il dirige à Berlin Das neue Magazin, « à l’extrême-gauche du goût ». En 1910, il écrit à Paris pour la Straßburger Neue Zeitung. Il définit alors l’écrivain-journaliste comme « l’oreille de l’époque » et ce genre littéraire comme « l’automobile de la littérature ». Pendant la guerre, il dirige à Zurich la grande revue pacifiste Die Weißen Blätter, qui publie Romain Rolland et Stefan Zweig.

Publié en 1922, Nous ne voulons pas mourir se compose de trois textes : « Le 9 Novembre», sur l’échec de la révolution berlinoise de 1918 ; « Le voyage à Paris », sur les contradictions de la gauche d’alors ; « Vu du Vieil-Armand », méditation sur Dostoievski et vision quasi mystique d’une Europe unifiée.

Quelques jalons biographiques. René Schickele est né en 1883 à Obernai, dans l’Alsace annexée d’après 1870, d’une famille de vignerons de Mutzig par son père et d’une mère francophone du Territoire de Belfort.

Il est à Berlin lors de la révolution du 9 Novembre 1918, dont l’échec l’affecte profondément. En 1922, il s’installe à Badenweiler en Forêt-Noire, comme « citoyen français und deutscher Dichter». Travaillant pour l’idée européenne et la réconciliation franco-allemande, il publie romans et essais. Malgré sa nationalité française, il est élu à l’Académie allemande de Berlin, avec Thomas Mann.

Attaqué par la presse nazie comme « pacifiste », il part dès 1932 pour la Provence.Ses livres sont interdits en Allemagne, mais il publie chez les éditeurs de la littérature allemande de l’exil. Il écrit en français un essai autobiographique, Le Retour. Il meurt à Vence, le 31 janvier 1940.

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